Fondation Thérèse et René Planiol pour l'étude du Cerveau

Etablissement reconnu d'utilité publique décret du 2 février 2005

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Les actions de la Fondation

Soutien de programmes de recherche

2006


 

Décembre 2006

Titre du programme : Mise au point d'une nouvelle thérapeutique dans l'accident vasculaire cérébral ayant pour cible la protéine de mort Bid.

Nom du responsable : Dr Abdel Aouacheria (Institut de Biologie et Chimie des Protéines, Lyon)

Résumé
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, un accident vasculaire cérébral (AVC) se produit toutes les 5 secondes dans le monde, l'AVC représentant la troisième cause de mortalité en France, et la première cause de l'handicap physique et mental dans les pays développés. En outre, le vieillissement de la population va entraîner une explosion de nombre "d'attaques" dans les deux prochaines décennies. Malgré ces prévisions alarmantes, les fonds et les efforts consacrés à la recherche dans ce domaine restent faibles en comparaison de ceux mobilisés contre le cancer ou certaines maladies génétiques. Notre projet s'inscrit donc dans un objectif de santé publique.
Notre projet vise à d"couvrir de nouvelles drogues réduisant la mort cellulaire survenant lors des accidents vasculaires cérébraux, de manière à limiter les dommages permanents subis par le patient. Pour ce faire, nous cherchons à bloquer une protéine de mort, appelée Bid, qui est activée dans les toutes premières heures qui suivent l'attaque. Il faut savoir que dans le cas des attaques provoquées par l'obstruction d'un vaisseau sanguin, la plupart des médicaments actuels agissent sur la cause, c'est à dire en induisant la dissolution du caillot. Or on sait que le rétablissement du flux sanguin peut lui même causer des dommages aux tissus lésés. Au contraire, notre projet vise quant à lui à réduire les conséquences de l'attaque, en neutralisant une protéine toxique (Bid) impliquée précocement dans la mort des cellules nerveuses.
Concrètement, notre projet peut déboucher sur la mise au point d'une nouvelle classe de médicaments, utilisables lors des accidents vasculaires cérébraux pour protéger les cellules nerveuses de la mort cellulaire, et donc limiter les lésions invalidantes pour le patient. Ces médicaments pourraient également être utiles lors des maladies dégénératives impliquant un excès de mort cellulaire (par exemple l'Alzheimer ou la maladie de Parkinson). Enfin, ces drogues peuvent permettre de mieux comprendre comment Bid tue les cellules nerveuses.

Mots clés significatifs : Ischémie, accident vasculaire cérebral, apoptose, mort cellulaire, drug discovery, mitochondrie, famille Bcl-2, Bid

Montant du financement: 15000 euros

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Titre du programme : Quantification et localisation des plaques amyloïdes cérébrales dans la maladie d'Alzheimer par Tomographie par Emission de Positons avec le [18F]FDDNP.

Nom du responsable : Pr Vincent Camus (Unité INSERM U619, TOURS)

Résumé
La maladie d'Alzheimer (MA) affecte près de 650.000 personnes en France. Ses manifestations cliniques sont à l'origine d'une perte sévère de l'autonomie. Les principales lésions cérébrales de la maladie sont constituées par 1) la dégénérescence neurofibrillaire (DNF), 2) l'accumulation de protéine ?-amyloïde au sein de plaques séniles (PS), 3) la mort neuronale. Ces lésions s'accompagnent d'altérations des systèmes de neurotransmission, en particulier de l'acétylcholine, sur lesquelles repose le traitement symptomatique actuel. Les approches thérapeutiques les plus récentes visent à diminuer les dépôts amyloïdes cérébraux. L'imagerie cérébrale fonctionnelle en Tomographie par Emission de Positons (TEP) a montré son utilité pour quantifier et localiser la perte neuronale et leurs conséquences en terme d'altération du fonctionnement cérébral dans de nombreuses maladies neurodénératives chez l'homme. Dans la maladie d'Alzheimer, la TEP avec le [18F]fluoro-D-glucose (FDG) a ainsi montré une diminution de l'activité des aires cérébrales où siègent les lésions (DNF et SP). Un nouveau radio-ligand spécifique des plaques amyloïdes a été récemment développé pour l'utilisation en TEP: le 2-{6-[(2-[18F]fluoroethyl)(methyl)amino]-2-naphthyl}ethylidene) malononitrile ([18F]FDDNP).
L'objectif principal de cette étude préliminaire est valider et simplifier les procédures d'acquisition des images et de quantification des plaques séniles dans la MA par TEP utilisant le [18F]FDDNP. Les objectifs secondaires sont de localiser et quantifier les plaques séniles en fonction du degré de sévérité clinique de la maladie et de corréler ces données d'imagerie aux données de l'examen neuropsychologique.
La méthode consiste à comparer 5 témoins et 5 patients atteints d'une maladie d'Alzheimer. Les 5 patients seront recrutés au CMRR de Tours et auront un examen clinique et neuropsychologique pour affirmer le diagnostic selon les critères consensuels. Le produit, préparé dans le laboratoire, est injecté par voie veineuse. La dose est adaptée au poids du malade. La radioactivité diminue de moitié toutes les 110 minutes et est totalement éliminée au bout de 24 heures. Afin de mettre au point la méthode de quantification de la densité en plaques amyloïdes par la TEP et le FDDNP, les témoins et les patients auront une acquisition des images par une caméra hybride TDM et TEP pendant une heure et demi. Cet examen est indolore. Les images seront ensuite traitées et fusionnées avec l'IRM cérébrale pour définir les régions cérébrales atteintes par les plaques amyloïdes.
Le but de ce travail est de déterminer la méthode la plus simple possible pour l'évaluation de la localisation et de la densité des plaques amyloïdes par la TEP avec le [18F]FDDNP dans la maladie d'Alzheimer. Une telle technique devrait permettre 1) d'améliorer la fiabilité du diagnostic précoce de la Maladie d'Alzheimer, en particulier dans les stades débutant voir pré-cliniques devant une plainte de mémoire 2) de suivre l'impact des traitements luttant contre les plaques amyloïdes; 3) d'améliorer les connaissances des processus dégénératifs de la maladie d'Alzheimer en les corrélant avec les symptômes cognitifs et comportementaux.

Mots clés significatifs : Maladie d'Alzheimer, diagnostic précoce, imagerie cérébrale

Montant du financement: 15000 euros

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Titre du programme : "Saisir" les émotions : les réseaux de neurones miroirs dans la pathologie autistique

Nom du responsable : Dr Joëlle Martineau (Unité INSERM U619, TOURS)

Résumé
La pathologie autistique se caractérise notamment par des difficultés à interagir avec autrui. Ces difficultés d'interaction pourraient résulter des troubles de la reconnaissance des expressions émotionnelles faciales fréquemment rapportés dans cette pathologie. La reconnaissance et la compréhension des expressions faciales de l'autre s'avèrent essentielles pour comprendre ses intentions et son état affectif interne.
Chez l'individu sain la perception des expressions faciales induit une légère imitation chez l'observateur ; ainsi la perception d'un visage souriant induit une légère contraction des zygomatiques. Ce lien qui existe entre imitation et compréhension des émotions de l'autre, suggère que la compréhension des émotions passe par le comportement moteur. Des études ont mis en évidence la présence de neurones impliqués dans les processus d'imitation au niveau du cortex prémoteur. Ces neurones miroirs ont la particularité de s'activer à la fois lorsqu'on fait une action et lorsqu'on perçoit quelqu'un faire cette même action. Ils sont à la base de l'imitation des gestes et de l'apprentissage chez l'enfant, ils interviennent dans l'émergence du langage et dans l'empathie, c.a.d. dans la compréhension des états émotionnels de l'autre. L'activation des neurones miroirs participe également à la compréhension des expressions émotionnelles d'autrui en permettant de se représenter de façon interne l'état affectif de l'autre. Dans cette étude, nous supposons qu'un dysfonctionnement de l'activation des neurones miroirs pourrait être à l'origine des difficultés de compréhension des émotions dans la pathologie autistique. Grâce à une étude en imagerie nous recherchons les éventuels dysfonctionnements de ce système miroir chez des patients adultes atteints d'autisme. Nous regardons les activations obtenues chez ces sujets lors de l'observation de visages neutres, exprimant une émotion et d'images générant une émotion pour comparer à celles obtenues chez les sujets témoins. La comparaison des activations obtenues dans ces situations, nous permettra de mettre en évidence les zones d'activation communes et ainsi de localiser les réseaux de neurones miroirs impliqués à la fois dans la perception des émotions et dans le ressenti des émotions. Huit adultes autistes et huit témoins (sur 10 prévus dans chaque groupe) ont déjà été inclus dans le protocole et les premiers résultats corroborent notre hypothèse d'un dysfonctionnement du réseau de neurones miroirs dans la pathologie autistique.
Simultanément, une étude du comportement oculaire, lors de l'observation de visages exprimant ou non une émotion, menée à la fois chez l'enfant, chez l'adulte, sain et atteint d'autisme vient d'être achevée. Les premiers résultats révèlent des différences comportementales entre sujets sains et sujets atteints d'autisme. Notre demande de soutien de programme de recherche a pour but le recrutement d'un vacataire ingénieur d'étude qui nous permettrait de traiter les résultats des examens déjà effectués (en suivi du regard et en IRM), de les interpréter et de les publier plus rapidement. Les résultats obtenus serviront à orienter la prise en charge des jeunes patients vers des thérapies permettant en particulier de rééduquer les fonctions de perception et de reconnaissance des expressions faciales à travers les mécanismes d'imitation et d'action.

Mots clés significatifs : Autisme; Neurones Miroirs, Emotions, Imagerie fonctionnelle, Trajet oculaire

Montant du financement: 15000 euros

 


Janvier 2006

Titre du programme : Angiogenèse pathologique dans l'épilepsie du lobe temporal : impact sur l'hémodynamique et sur la pharmacorésistance.

Responsable du programme : Dr Mireille Lerner-Natoli (UMR CNRS 5203, INSERM U661, Institut de Génétique Fonctionnelle de l'Université de Montpellier)

Résumé
L'épilepsie est une maladie neurologique très fréquente, affectant près d'1% de la population. Les crises sont dues à l'activité paroxystique d'un groupe de neurones, mais, selon le nombre et la localisation de ces neurones, les crises se manifestent de façons très diverses. Beaucoup de formes d'épilepsie sont bien traitées par les médicaments anti-épileptiques, mais un tiers environ résistent à ces traitements. Lorsque les crises sont trop invalidantes, le seul recours est la chirurgie pour enlever le foyer épileptique s'il est accessible. La majorité des formes résistantes aux médicaments ont un foyer localisé dans le lobe temporal, et se manifestent par des crises complexes avec rupture de contact.
Nous formons une équipe composée de chercheurs scientifiques et cliniciens. Ensemble, nous étudions les tissus provenant de la chirurgie de l'épilepsie pour comprendre les mécanismes de l'hyperexcitabilité neuronale et de la résistance aux médicaments. Nous avons récemment observé des remaniements importants dans les cellules nerveuses, mais aussi dans les vaisseaux sanguins du foyer.
La vascularisation du foyer et l'adaptation du débit sanguin à l'activité des neurones sont importantes, car les neurones en crise ont d'énormes besoins énergétiques, alors que le débit sanguin semble moins fonctionnel entre les crises, sans qu'on en connaisse la cause. Par ailleurs, les vaisseaux sanguins du cerveau sont dotés d'une barrière qui filtre les composants du sang pour ne pas intoxiquer les neurones, mais qui, en temps normal, laisse passer les médicaments. Or, les remaniements vasculaires que nous avons observés nous incitent à penser que la vascularisation des foyers épileptiques est pathologique : vaisseaux nombreux et tortueux, prolifération de cellules gliales autour des vaisseaux, ce qui pourrait modifier le passage des médicaments à travers la barrière.
Nous voulons maintenant étudier le rôle de cette vascularisation aberrante dans l'épilepsie. Nous quantifierons l'importance de la vascularisation et la corrélerons aux modifications du débit sanguin et à l'expression des protéines qui filtrent les médicaments. Toutes ces expériences seront menées sur des examens d'imagerie fonctionnelle et sur des pièces opératoires, donc ne nécessitent pas d'examens complémentaires pour les patients. Nous avons besoin de matériel d'imagerie et d'analyse pour observer et quantifier la vascularisation pathologique des foyers épileptiques.

La réalisation de ce projet nous permettra de mieux comprendre les mécanismes de l'épilepsie et de la résistance aux médicaments et, probablement, de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Mots clés significatifs : Epilepsie, Vascularisation pathologique, Résistance aux médicaments.

Montant du financement: 26 000 euros pour l'achat d'une caméra d'acquisition d'images pour microfluorescence et un logiciel d'analyse d'images Métamorphe.

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Directeur de la publication:
Professeur Thérèse Planiol

Administrateur: Yves Tillet

Dernière mise à jour le : 22 février 2011

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